Le monde merveilleux de Port Hedland

Publié le par Mickanaïs

Et voilà. Après exactement 114 jours passés à Port Hedland, il est temps de changer d'air. Non pas que cette ville aux multiples attraits nous a fatigué, mais... en fait si. Elle nous a fatigué, et bien ! 

Mais revenons donc à notre arrivée : Port Hedland, charmante bourgade de 14000 habitants, connue pour son exportation massive de minerai de fer (jusqu'à 13,6 millions de tonnes en août 2010), mais aussi de gaz, de sel, de manganèse, et de bétail. En bref, que des trucs super intéressants pour nous petits voyageurs qui venont découvrir de jolies choses : de la poussière, des trains de 2km de long, des gros navires de charge, des montagnes de sel, de la poussière, des voitures de fonction, des australiens écervelés et alcooliques, de la poussière, des racistes envers les backpackers, et des petits espaces verts super sympas avec tables, toilettes et barbecues. Bah oui, il fallait bien trouver quelque chose de réellement sympa quand même !

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Comme précisé dans notre article précédent qui commence sacrément à dater (d'ailleurs, nous nous excusons après de tous nos nombreux fans pour l'attente occasionnée), Mickaël bossait en cuisine tandis qu'Anaïs était serveuse, tous les deux pour la société Auzcorp. Détaillons donc un peu notre situation pour chacun de nous : 

- Mickaël était donc employé en tant qu'aide cuisine dans le réfectoire dédié aux clients du complexe hôtelier Beachfront Village. Les clients sont pour une grande majorité - si ce n'est la totalité d'entre eux - mineurs, et travaillent en FIFO (Fly In Fly Out). C'est-à-dire qu'ils travaillent généralement 12h par jour pendant 2 semaines non stop, puis ont une semaine de congés payés dans leur petite maison hors de ce trou à rats.

- Anaïs quant-à-elle était serveuse au Shana's, un petit café de la galerie commerçante du Woolworths local (comprendre un Carrefour Market australien). Là, la clientèle est bien plus variée, allant des familles ayant l'immense privilège d'habiter les environs (vous la sentez l'ironie ?), aux mineurs venant casser la croûte lors de leur pause, en passant par les backpackers en repos rendant visite à leurs copains qui travaillent ! 

Avec une douche chaude, une laverie ainsi que les repas à disposition, autant dire que nous vivions plutôt bien. De plus, nous pouvions dormir sur le parking accolé à Beachfront, ce qui nous permettait de limiter les dépenses au strict minimum, et d'économiser à fond notre paye à 22$ de l'heure... Oui oui, vous avez bien lu, 22$ ! C'est probablement le seul avantage de cette ville : les salaires sont vraiment très intéressants, et c'est ce qui nous a donné envie de rester un petit moment dans le coin. Et encore, nous avions probablement le salaire le moins important de Port Hedland... C'est dire !

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Cette situation laissait présager de beaux jours devant nous. C'était sans compter sur l'arrivée de la fameuse manager tant redoutée par beaucoup d'anciens : Roberta Eaglesome. A première vue, nous avons cru que les gens nous ayant parlé d'elle s'étaient trompés, et que son vrai prénom était Roberto. Mais NON ! Malgré son visage carré, son nez crochu qui ferait peur à la sorcière de Blanche Neige, ses cheveux sur-broshingués et sa voix Schwarzeneggerisée (rappelez-vous le fameux "I'll be back"... Bah c'est pire !), il s'agit bel et bien d'une femme. En effet, cette "personne" pour ne pas attiser les éventuelles confusions dans l'esprit de certains se trouve être championne poids-lourd toutes catégories lorsqu'il s'agit d'embêter son entourage (notez que nous restons polis).

Pendant nos deux premiers mois de travail, pas de Roberta dans les environs. Jusqu'ici, tout va bien. Puis, la Chose débarque et là, c'est le drame. Tout s'enchaîne : tout d'abord, fini les repas au réfectoire les days off (comprendre jour de repos). Puis, l'accès à la salle de loisirs nous a été supprimé. Puis, Mickaël ainsi que ses collègues eurent pour consigne de ne plus rapporter de boîtes de nourriture pour leur petit déjeuner du lendemain. Puis, la Chose a commencé à nous regarder et nous surveiller à nos moindres faits et gestes de manière à ce que nous nous sentions aussi à l'aise que des criminels en prison. Puis, elle a demandé à ce que le nombre de minutes de pause que chacun d'entre nous prenait soit noté chaque jour. Puis, elle a fait ajouter des caméras et cadenas en cuisine. Enfin, elle a fait en sorte de nous faire virer du parking en menaçant d'appeler la police si nous restions dessus. C'est d'ailleurs suite à cet événement tragique que nous avons décidé d'un commun accord avec plusieurs backpackers de Beachfront de quitter le navire de façon précipitée.

Malgré tout ce tintouin final, nous n'oublierons pas cette ville dans laquelle nous garderons aussi énormément de souvenirs positifs, principalement grâce aux gens géniaux que nous avons rencontré (désignés désormais par le terme générique "la Famille"), et aux moments magiques passés à leurs côtés. Voici un petit top 3 de nos coups de coeur des soirées passées :

- Les différents anniversaires fêtés, et plus particulièrement celui d'Anaïs qui s'est occupée de préparer les festivités. Au programme : apéritif dinatoire à base de toasts, brochettes salées, mojito maison et surtout une énorme fondue au chocolat pour couronner le tout. La Famille a sû la remercier en conséquence et célébrer ce passage de cap d'Anaïs avec une déferlante de cadeaux. Anaïs était vraiment enchantée et surtout étonnée de recevoir autant de présents, mais aussi de sourires, de calins par des gens de qui nous nous sommes un peu plus rapprochés chaque jour.

- Le départ d'Anne-Laure et Séb, surnommés Papa et Maman, qui nous ont quittés bien trop tôt. Toujours difficile de dire au revoir !

- Les férias de Port Hedland, organisées par Bixente notre basque local. L'effet rouge et blanc n'était qu'à moitié présent, mais l'ambiance était bel et bien festive !

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Quatre mois déjà, une page se tourne, et nous comptons la tourner d'une belle manière en allant visiter le Karijini National Park, dont les mérites nous ont été vantés maintes et maintes fois. Le petit convoi est prêt : Anaïs, Micka, le trio de breton Guillaume, Maxime et Kévin, et enfin Bastien ! 2 véhicules, une petite semaine loin de cette ville qui rime parfois avec déprime.

 

Bisous à tous les amis !

 

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